L’église en bois de Kon Tum

L’église de Kon Tum est célèbre pour sa construction, entièrement en bois, et datant du début du XXème siècle. Par ailleurs, cette église a connu de nombreux rebondissements avant de finalement voir le jour en 1918.

Le Saint martyr Étienne Stéphane Cuénot (Saint Patron du diocèse) était évêque du diocèse. L’évêché se trouvait initialement dans la région de Qui Nhon, au temps de la persécution des chrétiens, sous les dynasties des empereurs Minh Mang et Tu Duc.

Pour trouver un refuge aux catholiques et pour évangéliser les Hauts-Plateaux du Centre, les chrétiens se sont repliés dans la forêt vierge, où vivaient les ethnies minoritaires Bahnar, Giarai et Sédang, qui étaient ennemies entre elles. Les catholiques vietnamiens de Binh Dinh arrivaient ainsi à Kon Tum pour former une paroisse avec la 1ère église en ciment. On peut la trouver sur la même rue Nguyen Hue que l’église en bois.

Le 29 Octobre 1861, le monseigneur Cuénôt fut emprisonné. Tombé malade en prison, il mourra en prison le 14 Novembre 1861. L’empereur de l’époque ordonna de déterrer son corps pour le jeter dans le fleuve. C’est ainsi qu’il fut nommé martyr du Vietnam par le pape Jean Paul 2 le 19 Juin 1988. Il devint également le Saint patron du diocèse de Kon Tum, et une fête se déroula le 14 Novembre en son honneur.

Avant que cette église en bois vit le jour, il était possible de trouver des chapelles en paille dans le village, incendiées deux fois par le passé.

Ainsi, le curé du village, le père Joseph Décrouille commençait à désespérer. Un jour,  il entendit dire que son frère Jean Baptiste Décrouille, aussi prêtre missionnaire, arrivait de Paris avec de l’argent donné par le comte De Kergolay pour financer la construction d’une solide église. Les plans architecturaux furent quant à eux dessinés par le père missionnaire Kemlin.

C’est ainsi que les travaux ont commencé le 7 Avril 1913, pour au final se terminer le  6 Janvier 1918.

Les minorités ethniques qui vivaient sur place ont coupé le bois des forêts avoisinantes, et l’ont transporté jusqu’au lieu de construction grâce à des éléphants. Les meilleurs menuisiers vietnamiens de la province côtière de Bình Định furent également appelés. Une briqueterie a également été construite sur place , pour avoir des briques et tuiles à disposition.

En 1932, le diocèse de Kon Tum se détachait du diocèse de Qui Nhon. Cette église devenait alors la cathédrale du diocèce de Kon Tum, en 1960. C’est en ce temps que le 3ème  et dernier évêque français à Kon Tum, le monseigneur Paul Seitz, s’est établi.

Pendant les jours de fêtes du diocèse, l’église en bois est remplie de fidèles vietnamiens, mais aussi de fidèles Bahnar, Giairai, Sédang, etc. Toutes les messes doivent être dites en 4 langues : le vietnamien et les dialectes Bahnar, Giarai et Sedang.

Dans la semaine, du lundi au vendredi, la messe du matin se fait à 5 heures ! Le samedi , 2 messes sont organisées, une le matin et une le soir! Le dimanche, 3 messes ! Toutes les messes de la semaine sont pour les fidèles des villages proches de l’ethnie Banhar. Et bien sûr, en dialecte Bahnar!

Pour fêter le 150ème anniversaire de l’évangélisation des Hauts-Plateaux du Centre en 1998, l’église fut restaurée. Les murs en torchis et le toit en tuiles ont été réalisés des années après 1918. Avant, le toit était en paille et les murs en bambou.

Agrandir le clocher d’un mètre et faire des toits en forme qui correspondent à ceux des maisons traditionnelles sur pilotis des minorités ethniques ont permis d’embellir la structure, et avoir des espaces plus hauts pour installer des grandes fenêtres à vitraux… 

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