Explorations, Vietnam : Deux jours de trek autour de Sapa

Explorations, Vietnam : Deux jours de trek autour de Sapa

On s’échappe donc de la bouillonnante et épuisante Hanoi par le train de nuit, direction Lao Cai !

Moment de flottement pour identifier le bon train, suivre un gars qui ne parle pas un mot d’anglais, douter, hésiter, se lancer, traverser à pied des voies ferrées, dépasser plusieurs trains et entrer enfin dans celui qui semble être le nôtre.

Direction Sapa ?

Dans le train, je passe mon cerveau en mode off, il n’y a plus rien à calculer, à esquiver, juste se laisser porter… Observer la banlieue d’Hanoi par la fenêtre que l’on quitte progressivement pour entrer dans la campagne vietnamienne… La magie du train, devenir spectateur le temps d’un trajet, la fenêtre comme un écran où défile le film. Définitivement amoureuse des voyages en train…

La cabine est étroite, la couchette dure, la couverture rêche, et pourtant, je me laisse enveloppée par le roulis régulier, ponctué par quelques hoquets sur les rails et des virages parfois très penchés. Tandis que mes compagnons de wagon se réveillent après une mauvaise nuit, peu confortable d’après eux, je souris, j’ai dormi comme un bébé, bercée par le mouvement du train.

A Lao Cai, le terminus de la gare, quel bonheur de respirer de l’air frais ! Il est encore très tôt et la chaleur grimpera vite ici aussi, mais aux aurores, je suis reconnaissante de cette fraicheur ! Il faut encore rejoindre Sapa à 1 heure de route en mini-bus pour atteindre l’agence de trek.

On y rencontre Nga, celle qui sera notre guide pour ces deux jours de randos dans les montagnes autour de Sapa. Nga, pas encore la trentaine et une sacrée expérience de vie. Le choix entre un mariage arrangé ou fuir et construire sa propre vie. C’est comme ça qu’elle s’est retrouvée dans ces montagnes, étrangère dans cette région difficile, à s’endetter pour se former à devenir guide, rare métier où elle peut exercer ses compétences en français. Elle a des rêves plein la tête Nga, et elle entend bien les concrétiser, elle part d’ailleurs très bientôt pour un mois en France comme fille au pair.

Témoin privilégiée de la place de la femme dans la société vietnamienne, elle vaut tous les musées qu’on aurait pu visiter à Hanoi… Intarissable sur son pays, elle est une mine précieuse d’informations, l’une des rares personnes locales avec qui on pourra échanger aussi simplement.

Le trek en lui-même nous mène d’une vallée à l’autre, on longe des rizières plantées en terrasses, la spécificité de la région, où le riz commence à peine à être piqué. La plupart des rizières sont encore gorgées d’eau, les rayons du soleil s’y reflètent comme dans des miroirs… Superbe tableau de Mère Nature !

La fraîcheur du matin a d’abord laissé place à un déluge de pluie aussi violent que rapide, puis très vite la température est montée, le soleil s’est fait brûlant et même ma chemise aux manches longues n’a pas pu évité de beaux coups de soleil sur le dessus des mains, seule parcelle de ma peau exposée. La montée est rude, la chaleur écrasante, mais ici, chaque virage nous offre la récompense de l’effort accompli. Majestueuses montagnes qui nous rappellent encore et toujours que nous sommes juste des grains de sable sur Terre, parfait pour relativiser et reprendre la mesure des choses !

On passe la nuit chez une famille d’une ethnie des montagnes, les Hmongs noirs. La vue depuis la hutte est d’une beauté à couper le souffle ! On passe la soirée dans cette famille, à manger une ribambelle de plats préparés pour l’occasion et à trinquer à l’alcool de riz.

Le lendemain, on reprend la route sous un soleil toujours aussi plombant. On dépasse des buffles sur notre chemin, des cochons sauvages, des chèvres… On traverse des villages déserts, puis on croise les villageois affairés dans les champs, des femmes de différentes ethnies aux habits colorés. Sur les bords des chemins, les enfants nous font de grands signes accompagnés de Hello !

Bientôt il faut redescendre tout ce qu’on a grimpé et mes genoux font la grimace !

Arrivés à Sapa, c’est l’ébullition, les vietnamiens sont de congés et sont tous amassés dans la rue, ça ressemble à un joyeux bordel et l’ambiance apaisante des montagnes me manque déjà…

Notre chauffeur nous redescend à Lao Cai où on est sensés échanger notre voucher contre nos billets de train. Le hic, c’est qu’il ne parle pas un mot anglais, nous dépose sur un grand parking et nous laisse sans information. Encore un moment de flottement désagréable où on a l’impression que la gentillesse de certains vietnamiens s’arrête dès qu’on ne paye plus leurs services, c’est dommage…

Retour en train de nuit pour Hanoi, avant d’aller découvrir la Baie d’Along !

(Source info: www.bottesdeseptlieues.fr)