Đờn ca tài tử, musique traditionnelle du Sud

Musique traditionnelle du Vietnam: Đờn ca tài tử (chant des amateurs de la région Sud du Vietnam)

Le đờn ca tài tử (chant des amateurs de la région Sud du Vietnam), reconnu au patrimoine mondial culturel immatériel de l'humanité de l’UNESCO le 5 décembre 2013, bénéficie dune grande vitalité. La quasi-totalité des communes, districts, quartiers des 21 villes et provinces du Sud possèdent des clubs qui s’y consacrent intégralement.

Đờn ca tài tử ou Le Swing du Delta du Mékong

«Les chemins du Vietnam sont peuplés de traditions nombreuses, vivantes et variées. Celles du nord du pays, dans la région de Hanoï, la capitale, se distinguent de celles du centre, à Hué, l’ancienne capitale, et ses alentours ou encore, de celles du Sud, à Hô-Chi-Minh-Ville et ses environs. C’est l’une de ces musiques traditionnelles qu’offrira la scène des Abbesses à l’occasion de l’Année France-Vietnam. Trésor à découvrir.

Bien vivante, demeure cette tradition du Đờn ca tài tử , issue de la musique rituelle, ainsi que de la musique de cour et de la tradition de Hué, l’ancienne capitale, qui se développe à partir de la fin du XIXème siècle.

Cet art populaire est encore fort pratiqué aujourd’hui dans le delta du Mékong, au sud du pays. Musique instrumentale improvisée, à partir des structures des vingt pièces originales qui composent le répertoire, elle swingue comme le jazz ; chantée, elle puise au cœur de la poésie, joue en quatuor, trio, duo, ou solo, se compose d’un luth dan kim tendu de deux cordes, d’une cithare dan tranh, nantie de seize cordes, d’une vièle bi-cordes dan co, d’une guitare « modifiée », ainsi que de trois voix.

Deux femmes et un homme interprètent les poèmes en cette langue vietnamienne qui ne se prononce pas comme elle s’écrit et chante sur six tons ses monosyllabes, sautillant comme l’eau sur les pierres d’un gave.

Ils cueillent les paroles au sein de l’un des trésors de la poésie vietnamienne, le célèbre poème Truyen Kieu de Nguyen Du (1766-1820), ou bien s’emparent de ces poèmes anonymes qui s’inspirent d’un quotidien rural et des relations entre belles-familles.»

Jacques Erwan, conseiller musiques du monde.